AJIR Moselle : en première ligne sur le front de la mémoire !

Même en plein vacances d'été, AJIR Moselle et sa présidente poursuivent avec acharnement la bataille de la mémoire pour les anciens Harkis comme le relate un article de Hervé BOGGIO dans le Républicain Lorrain à lire ci-dessous.

 

Association Justice Information Réparation pour les Harkis

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Communique du 19 avril : Remise du rapport AJIR aux autorités concernées

20/04/2023

Communique du 19 avril : Remise du rapport AJIR aux autorités concernées

La délégation d'AJIR a été reçue au Secrétariat d'Etat aux anciens combattants par Thierry Laurent, Directeur de Cabinet de Patricia Mirallès, à l'ONACVG par sa Directrice générale, Véronique Delélis, et au siège de la Commission de reconnaissance et de réparation, par le Préfet Marc DelGrande, Secrétaire Général.


Ce rapport de 70 pages, issu de groupes de travail, résume les interventions d'éminents experts lors de la journée d'étude du 3 mars dernier au Sénat, (Dominique Schnapper, Boris Cyrulnik, Denis Peschanski et Antoine Garapon) qui ont apporté un éclairage politique, psychologique, historique et juridique). Il rappelle le contexte singulier dans lequel s'inscrit l'histoire des harkis et dresse un bilan d'un an de mise en œuvre de la loi, dont il souligne ses avancées et ses lacunes. 


Enfin, et c'est là que réside sa force, le rapport de l'association AJIR France met en avant 33 propositions, argumentées et réalistes, destinées à poursuivre le travail de réparation. Parmi ces propositions figurent notamment :


•    l'ajout de 70 lieux et structures de toutes natures pour compléter le décret du 18 mars 2022,
•   l'intégration dans le dispositif de réparation de supplétifs écartés pour n'avoir pas transité par des structures prévues par le décret,
•    l'amélioration du traitement des dossiers de réparation, 
•    un traitement équitable pour toutes les veuves de harkis 
•   le lancement d'une étude de préfiguration pour la création d'une fondation pour la mémoire des harkis afin qu'ils soient pleinement reconnus, honorés et intégrés à l'histoire de France.


La remise de ce rapport a permis avec les différents interlocuteurs, très à l'écoute, un échange constructif. Il reste à faire connaître largement les analyses et propositions de ce document et à mobiliser pour qu’elles soient suivies d’effet. 


Le rapport de l'association AJIR France est consultable sur son site : https://www.ajir-harkis.fr/Declarations.jB.htm 

 

Suite de la journée du 3 mars : Synthèses des Interventions...

11/04/2023

Suite de la journée du 3 mars : Synthèses des Interventions...

Les synthèses des interventions (réalisées par nos soins) de :

  • Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre ;
  • Denis Pechansky, historien ;
  • Antoine Garapon, magistrat ;

sont à lire ici ...

Communiqué sur la journée : comment réparer l'irréparable ?

29/03/2023

Communiqué sur la journée : comment réparer l'irréparable ?

Lors de cette journée exceptionnelle, parrainée par le Sénateur Laurent Somon, de nombreuses personnalités sont intervenues sur différents thèmes relatifs à la mémoire et à la réparation devant un auditoire nombreux et captivé. Cette journée se voulait l’écho de la loi du 22 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et réparation des préjudices subis.

 

Ainsi, Antoine Garapon, Magistrat et membre de la Commission Sauvé sur les abus au sein de l’église, a débuté la matinée sur le thème « Evaluer avant de réparer : mission impossible mais indispensable ».  Pour la lui « la réparation ne peut se faire sans un travail préalable d’évaluation des préjudices… ».


« Que peut réparer un état », Dominique Schnapper, sociologue et politologue, expose ses réflexions relatives aux Harkis « victimes d’un piège historique », conclut son intervention par « rétablir la vérité et aider les descendants à dépasser, sans l’oublier, le traumatisme, c’est ce que peut faire un pouvoir démocratique qui entend « réparer ».

 

Denis Peschanski, historien, est intervenu sur « l’importance des fondations pour la mémoire face à l’indicible ». « Les fondations constituent le meilleur moyen de réparer l’histoire et la morale à condition de le faire dans une optique universaliste, d’ouverture aux autres et de ne pas rester enfermé entre soi… ».

 

« Comment faciliter les résiliences et éviter la transmission des traumatismes » est le sujet sur lequel Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre et psychanalyste s’est exprimé. Il estime « qu’on ne peut pas ne pas transmettre : dire son traumatisme à ses proches c’est leur transmettre l’horreur vécue ; se réfugier dans le silence, c’est leur transmettre l’angoisse ». 

 

Samuel Deliancourt, magistrat a évoqué la question de « la prescription quadriennale : entrave à la réparation ». Pour ce magistrat et enseignant "la prescription quadriennale lorsqu’elle est trop souvent opposée aux demandes des Harkis peut constituer une entrave indéniable devant la Cour Européenne des droits de l’homme…".

 

Des groupes de travail ont été créés en novembre 2022, pour étudier les axes d’amélioration de la loi du 22 février 2022. Les rapporteurs de ces groupes de travail ont restitué leurs conclusions devant les parlementaires présents (Marie-Pierre Richer, Laurent Somon, Philippe Tabarot et François Ruffin). Ces conclusions concernent les dysfonctionnements de la mise en œuvre de la loi, l’ajout des structures d’accueil ne figurant pas sur les listes du gouvernement, les actions pour la mémoire, les discriminations, …). 


Thierry Laurent, Directeur de cabinet de la Ministre chargée des anciens combattants et Jean-Marie Bockel, Président de la commission de réparation pour les harkis étaient présents et ont pris à leur tour la parole le premier pour répondre aux préoccupations évoquées par les groupes de travail et le second pour présenter les travaux de la Commission. 


En conclusion de cette journée intense, passionnante et enrichissante l’ancien ambassadeur Frédéric Grasset, Président de la Fondation pour la guerre d’Algérie des combats du Maroc et de Tunisie, a présenté une synthèse de cette journée qui s’est déroulée dans une ambiance attentive et sereine et très fortement appréciée par l’ensemble des participants.

 

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Au cours de cette journée, Dominique Schnapper a remis à Mohand Hamoumou, Président d’AJIR pour les Harkis, la cravate de Commandeur dans l’Ordre National du Mérite que lui avait décerné le Président de la République Française.


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A propos : 
AJIR pour les Harkis France, c’est plus de 2500 adhérents au travers de 35 associations adhérentes, 7 délégués régionaux, 33 délégués départementaux répartis sur le territoire français.


www.ajir-harkis.fr 

AJIR Moselle expose le "parcours des Harkis" à Metz

11/03/2023

AJIR Moselle expose le "parcours des Harkis" à Metz

Grâce au concours de la Mairie de Metz et de l’ONACVG de la Moselle, le vernissage de l’exposition a eu lieu vers 14 :30 en présence du Maire François GROSDIDIER, de son adjoint à la mémoire M° Michel VORMS ainsi que de Nicolas VIGNOS, Directeur Départemental de l’ONACVG, du Général Vincent ALEXANDRE, adjoint du Général commandant la zone de défense et sécurité, dont le père a servi en Algérie, et des membres du conseil municipal. 


Une cinquantaine de personnes se pressait autour des panneaux évoquant l’engagement des Harkis, leur installation en France ainsi que leurs luttes pour la reconnaissance.


Le directeur départemental de l’ONAC a présenté rapidement l’exposition, réalisée par l’ONAC national (1), puis le représentant d’AJIR National a évoqué l’abandon des Harkis en Algérie, les massacres exercés par un FLN revanchard en dépit des accords d’Evian et les conditions indignes de l’accueil des rescapés en France dans des structures d’exclusion et la scolarisation en vase clos des enfants.


Fatima Laouar, pour AJIR Moselle, a tenu à remercier le Maire pour l’accueil de l'exposition dans le magnifique hall de la mairie ainsi que le directeur de l’ONAC pour la mise à disposition des panneaux de l’exposition. Elle a rappelé également le nécessaire travail à engager pour l’histoire et la mémoire des Harkis. Elle a précisé que AJIR Moselle allait s’investir pleinement dans cette mission pour faire connaitre cette histoire trop longtemps cachée et honorer la mémoire de ces hommes et ces femmes que l’histoire et les circonstances ont particulièrement malmenés.


Dans son allocution le maire a souligné tout l’intérêt que la ville accorde aux Harkis et au nécessaire travail de mémoire à entreprendre afin de faire connaitre une histoire occultée et méconnue de la plupart des français. Son mentor en politique n’était autre que Pierre Messmer, auteur du fameux télégramme confidentiel du 12 mai 1962, actant officiellement l’abandon des Harkis en Algérie. Évoquant le sujet avec ce dernier et à la question de pourquoi les avoir abandonner et laisser massacrés, ce dernier lui aurait répondu qu’à « l’époque le Gouvernement français croyait en la force des traités signés et faisait confiance à la bonne foi du FLN… » et d’ajouter que le souvenir de ce drame « le hantait encore… » deux ans avant sa disparition !!!


Le verre de l’amitié dans le salon de l’hôtel de ville a marqué la fin de cette première manifestation dédiée à la mémoire des Harkis à Metz… Gageons que ce ne sera certainement pas la dernière !


L’exposition peut être vue au Péristyle de la Mairie de Metz jusqu’au 16 mars 2023 inclus.

 

(1) Exposition disponible auprès de l'ONACvg dans chaque département et peut être mise à disposition des associations qui souhaitent l'exposer ou l'utiliser comme support pour évoquer l'histoire et la mémoire des Harkis et leurs familles...

Intervention de D. SCHNAPPER au Senat le 3 mars 2023

10/03/2023

Intervention de D. SCHNAPPER au Senat le 3 mars 2023

Dominique Schnapper, avec sa clarté et sa hauteur de vue habituelles, nous a offert un bel exposé. Elle a rappelé qu’en 1999, AJIR avait déjà organisé un colloque au Sénat avec André Wormser et qu’alors « les harkis demandaient avant tout la justice et la vérité. Ils avaient été les victimes de ce que j’avais appelé un piège historique » pris entre « le pouvoir français qui entendait oublier les « événements » et le pouvoir algérien qui commençait le processus de mythification du combat », début de la « rente mémorielle ». 

 

Elle a rappelé la cécité des militants de gauche sur les massacres par le Fln qu’ils avaient soutenu comme d’autre part la tentation de la droite de refouler l’histoire des harkis dont l’abandon et le sort indigne des réfugiés gênaient « la mythologie du héros du 18 juin ».

 

En politologue avertie, elle a éclairé le « rapport à la vérité qui distingue radicalement les démocraties des régimes totalitaires » et s’est interrogée sur les formes que peut prendre aujourd’hui la réparation pour des victimes pour la plupart disparues, rappelant l’importance de « reconnaître la vérité » et du besoin de faire vivre la mémoire des harkis « et celle de leurs descendants qui ont été élevés dans le traumatisme et le silence des pères ». 

 

Réparer c’est selon elle « assurer une vie décente » aux anciens mais aussi « agir pour redonner la considération et l’estime à ceux qui ont été les victimes de ce piège historique, à faire de cette mémoire un instrument de vie ». 

 

Nous vous invitons à découvrir ce très beau texte dans son intégralité ici

AJIR : Association Justice Information Réparation, pour les Harkis. Contact : ajirfrancecontact@gmail.com  Association loi 1901 - tout don  à l'association est éligible aux réductions d'impôts