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Association Justice Information Réparation pour les Harkis

Réunion Nationale AJIR-France des 12 et 13 juin à Aix-En-Provence (compte rendu)

Samedi 12 juin,  arrivée  à l’Hôtel dans l’après-midi de nombreux participants, permettant de faire connaissance. Le dîner a réuni 26 personnes dans une ambiance très amicale.

 

L’après-midi, Kamel Sadji  a exposé à Mohamed Haddouche et Mohand Hamoumou un projet de lieu de mémoire et de culture au Logis d’Anne. Projet intéressant et ambitieux (musée, salle de cinéma, lieu de conférences et concert, jardin, librairie, etc) mais au stade d’esquisse, le plan de financement n’étant pas encore finalisé. Boris Cyrulnik et Benjamin Stora seraient d’accord pour co-présider le conseil scientifique mais pas d’engagement écrit. Le projet vise plus large que l’Histoire des Harkis (les phénomènes migratoires en général).

 

Dimanche 13 juin, Maison des Rapatriés.

8h30 : accueil, café, jus de fruit et viennoiseries

9h : Nora Forté, & Kader Hamoumou souhaitent la bienvenue à Aix  et dans cette Maison des Rapatriés.

9h10 : Mohand Hamoumou rappelle les objectifs d’AJIR France (sont sur le site), et fait un point sur les adhésions (qui continuent d’arriver). Plus de 120 personnes à titre individuel dans 34 départements dont 26 président-e-s d’associations. Chaque association compte en moyenne 30 adhérents (varie de 5 à 120) à jour de cotisation. Puis il présente le déroulé de la journée en demandant à chacun de respecter le timing et de rester dans l’ordre du jour.

 

Mohamed Haddouche, Président du  FMH et Trésorier d’AJIR fait un point financier.  Pour AJIR : recettes (cotisations et dons) : 2700 euros. Dépenses : Site (700€), banderoles (300€) organisation Aix (450€). Il y avait 3 000€ sur le compte d’AJIR France ce qui laisse aujourd’hui un solde à environ 4 000€. Le détail à l’euro près sera présenté lors de l’AG.

 

9h30 : Actions, réalisations 

 

Site internet : Mohamed Haddouche  montre le site. Il contient beaucoup d’informations. Il invite chacun à le consulter régulièrement et à l’enrichir en proposant des commentaires d’actualités, des photos, des articles… Deux nouvelles rubriques attendent des contributions : « Notre Panthéon » et « Nos fiertés ». Il rappelle aussi l’existence de pages régionales ! A chaque délégation régionale de faire vivre la sienne.

 

Evian 18 mars: Mohamed Bouzard, délégué AJIR 38, présent à Evian, revient sur le sens de cette action : rappeler que les Accords signés le 18 mars 62 n’ont pas été respectés par le FLN. Ce fût  l’occasion de dire à Madame le Maire d’Evian qui a fort bien reçu notre délégation d’en tenir compte dans son discours le lendemain.

 

Commémorations 12 mai :  14 cérémonies ont eu lieu dans 14 départements différents. 5 autres étaient prévues mais n’ont pas eu lieu. Alain Ferki  regrette qu’elles ne fussent pas plus nombreuses car elles doivent attirer l’attention sur l’abandon des Harkis dont nous demandons la reconnaissance.  Gérard Gente rappelle que l’organisation est simple…si on respecte le mode opératoire. Pour 2022, AJIR se fixe pour objectif d’en organiser 20. Il faudrait que le  comité du 12 mai en organise au moins autant pour donner plus de visibilité.

 

Courrier aux parlementaires  et visios avec les Présidents de groupe : Les Délégués régionaux font part des envois réalisés et des retours. Une relance ciblée sera faite auprès des parlementaires que chacun connaît. Mohand fait le point sur les visios avec des Présidents de groupes parlementaires. Accueil positif unanime du PC à LR. Discussions en cours pour une proposition de loi commune. Un des Présidents de groupe est d’accord pour déposer un amendement pour doubler la rente viagère lors du vote de la loi de finance en octobre 2021.

 

10h 30 : Projets  en cours (AJIR/FMH/ associations):

 

Bande dessinée : Belkacem Gueroui fait le point sur le projet avec le dessinateur Lobé. Une rencontre a eu lieu. Projet sur les rails. Point complet sur le site AJIR.

 

Exposition : Ali Amrane  fait le point sur un projet d’exposition. Plus d’infos sur le site (pages régionales)

 

Projet Logis d’Anne. Kamel Sadji n’est pas venu dimanche. Mohamed Haddouche résume le projet. L’avis du CN sera sollicité pour un soutien formel lorsque nous aurons plus d’informations (plan de financement).

 

Discussion :

Belkacem regrette que la Mémho (Ongles) soit moins fréquentée par les scolaires.

Question sur la possibilité de travailler avec des associations non adhérentes à AJIR. Réponse : oui bien sûr on peut travailler, et même être amis avec des personnes et associations non adhérentes. AJIR a toujours été ouverte à cela. Mais avec 2 limites :

1- On ne travaille pas avec des personnes qui diffusent des attaques personnelles contre des membres d’AJIR. On accepte la critique constructive des idées et projets mais pas les attaques personnelles.

2- Si on est adhérent d’AJIR (personne ou asso) on n’adhère pas à une autre structure fédérative. Question de clarté, de cohésion et de loyauté.

Un adhérent dit que Fatima Besnaci-Lancou lui aurait dit qu’AJIR était pour la proposition de Stora de Gisèle Halimi au Panthéon et veut savoir si c’est vrai. Réponse : c’est un mensonge. La position d’AJIR sur ce point est claire et publique sur notre site et sur Harkis Dordogne. Et on ne veut pas perdre  de temps avec ce point marginal par rapport au combat pour la reconnaissance et la réparation.

 

11h 30 Entretien à l’Elysée avec le Président ; Mohand lit des extraits du dossier remis avant la réunion au PR. Les personnes présentes apprécient le contenu. Cependant certaines se disent dubitatives quant à une reconnaissance de l’abandon avant la fin du mandat au vu du calendrier désormais très serré. Mohand comprend le scepticisme car c’est un peu une arlésienne depuis 30 ans mais se dit confiant avec ce Président car cela va dans sa logique de vérité (Audin, Boumendjel, Rwanda) et qu’il a semblé réceptif aux arguments avancés.

La partie réparation n’a pas été abordée lors de cette réunion

 

12h 10 : Pause déjeuner. Buffet froid sur place. (45 inscrits. Donc commande pour 50. Mais 9 personnes ne sont pas venues sans prévenir. Les organisateurs le déplorent car cela engendre des frais inutilement)

 

13h 20 : travail (1h) en 3 commissions

A : Loi de reconnaissance et de réparation ? quel contenu ? pour qui ? comment ?

B : Quelles actions mémorielles pour 2022 ?

C : Comment améliorer l’efficacité et le développement de notre association ?

14h20 : restitution  Voir Annexes

15h30 : synthèse, plan d’action

 

Avant de conclure, Mohand remercie Khaled Benferhat, ancien maire, conseiller départemental, de sa participation à cette journée bien que pris par la campagne et l’invite à  donner son impression sur cette journée.  Khaled dit sa  satisfaction de la qualité des échanges et de la bonne l’organisation. Il n’est pas surpris connaissant la réputation du bureau d’AJIR qu’il est heureux d’avoir rejoint.

 

Les objectifs de cette réunion ont été atteints : se connaître, informer sur les réalisations, échanger sur les actions à engager. Le Président remercie chacun pour la qualité des échanges, le respect du timing et le climat convivial.

 

Il invite les délégués régionaux à être actifs, à prendre des initiatives pour continuer à développer AJIR et pour faire avancer les projets culturels pour 2022. Avec le CN, il continuera le travail auprès des Présidents de groupes parlementaires et des conseillers du Présidents de la République pour la loi de reconnaissance de l’abandon et la réparation de ses conséquences, avec comme priorité celle due aux anciens et leurs épouses. Pour les enfants, le travail  doit être poursuivi au sein d’AJIR mais aussi en  invitant d’autres associations et personnalités à y participer.

 

La réunion se termine à 16h comme prévu afin de permettre à chacun de rentrer tranquillement, certains venant de loin.

 

Réunion nationale AJIR 13 juin 2021                      Réunion nationale AJIR 13 juin 2021

 

ANNEXES : synthèse des 3 groupes

 

Ces propositions sont celles des 3 groupes de travail durant 70 minutes lors de la réunion à Aix. A ce stade, notamment pour la réparation des préjudices, les propositions ci-dessous n’engagent pas AJIR France. Il s’agit d’un début de réflexion collective qui doit être approfondie et étayée (en groupe de travail et dans les délégations régionales) avant  soumission  à validation du conseil national d’AJIR.

     

Réunion nationale AJIR 13 juin 2021                 Réunion nationale AJIR 13 juin 2021

Annexe 1 : Propositions pour améliorer encore le fonctionnement et l’efficience de notre association et notamment notre communication. Rapporteur Alain Ferki

 

  • + de réactivité. Répondre  + vite aux demandes d’avis du  Président et aux courriers reçus sur le site
  • Etre plus nombreux à alimenter notre site (rubriques actualités, livres lus, activités en Régions, etc).
  •  Le visiter régulièrement. Le faire connaître.
  • Meilleure implication de TOUS les membres du bureau national (réactivité, propositions, initiatives, réunions, etc)
  • Anticipation. Informer sur les actions + en amont pour s’y préparer (Voyage, hôtel, etc)
  • Revoir le prix de l’adhésion afin d’améliorer les finances. Aujourd’hui mini fixé à 10€. Passer à 20€ mini ?
  • Un seul groupe de communication. Centraliser pour garantir réactivité et cohérence
  • Montrer la solidarité entre adhérents. (réponse aux attaques).
  • Plus d’actions dans les Régions. Prendre des initiatives (adhésions, courriers aux élus, réunions d’infos, dossiers locaux, informer les adhérents de sa région, contacts avec d’autres associations …)
  • Plus grande participation des adhérents (réunions, site, campagne d’adhésions et dons, etc)
  • Participation financière  d’AJIR France aux frais de déplacement des plus éloignés

 

Annexe 2 : Projets culturels de préservation et diffusion des mémoires et de l’histoire. Rapporteur Hamid Khemache

  •  Bande dessinée à destination des collèges et Lycées pour le salon du livre 2022 ?
  • Inciter le Ministère de la Culture à mettre en place une caravane pour un tour de France de sensibilisation sur l’histoire des Harkis
  • Formation des témoins et des intervenants dans le monde scolaire
  • Augmenter le champ d’action des commémorations du 12 Mai
  • Proposition de loi pour instaurer le 12 Mai comme date nationale de commémoration de l’abandon des Harkis
  • Création d’un fascicule retraçant l’histoire et le parcours des Harkis et de leurs familles

 

Annexe 3 : réflexion sur la réparation des préjudices subis. Rapporteur Rayan Benattou

Qui, parmi les Harkis encore vivants et leurs descendants, pourrait obtenir réparation en raison du préjudice subi ? Comment le déterminer ? La réparation doit-elle être forfaitaire ou variable selon la gravité du préjudice ? Est-il pertinent de parler en termes de « générations » ?

 

A. La « première génération » (anciens combattants et leurs épouses) : une priorité absolue

Elle concerne les Harkis ayant porté les armes (estimés à 3500 encore en vie) et les veuves. Il s’agit donc de ceux qui ont subi un préjudice direct, que cela soit durant la guerre ou dans les camps. Le groupe valide la proposition (déjà transmise à l’Elysée par AJIR et les personne reçues) de doubler l’allocation Harkis existante.

Le groupe propose une logique forfaitaire pour une nouvelle indemnisation (mais cela reste encore à approfondir).

 

B. La « deuxième génération » (les enfants, nés en Algérie ou en France) : une réparation adaptée

Le cas de la deuxième génération est le plus difficile à traiter, attendu que tous n’ont pas eu les mêmes trajectoires de vie. Certains ont subi un préjudice direct (notamment en passant par les camps) ; d’autres à qui la possibilité de faire des études a été arrachée. On résumera ici les deuxièmes générations à ceux auxquels on a ôté toute possibilité de vivre dignement au sein de la République.  D’où il est ressorti des échanges que la réparation des deuxièmes générations devait être adaptée aux biographies de vies de chacun, proportionnellement au préjudice subi. Pour l’évaluer, une des dispositions de la loi devra créer une Commission indépendante d’évaluation des préjudices comme proposée par AJIR.

 

C. La « troisième génération » (les petits enfants) : une réparation au cas par cas

La troisième génération est singulière en ce qu’elle mêle des descendants de Harkis ayant subi des préjudices indirects ou directs et d’autres ayant été épargnés. Il est important que la loi borne l’indemnisation sans quoi elle sera jugée déraisonnable par le Président, par les députés voire par l’opinion publique. C’est pourquoi, selon le groupe, les descendants de Harkis n’ayant subi aucun préjudice direct ou indirect ne seront pas concernés. Des dispositions pourraient être insérées afin de valoriser les subventions publiques aux associations harkis finançant des bourses et autres soutiens aux descendants de Harkis. La mise en place d’une « discrimination positive » dans les parcours scolaires et professionnels serait souhaitable.

Toutefois, il existe des descendants d’anciens Harkis qui appartiennent à cette « troisième génération » et qui ont subi des préjudices indirects. Il apparaît donc que la réparation devra se faire au cas par cas. Tout descendant de Harki estimant qu’il a subi un préjudice avéré, pourra saisir la Commission créée par la loi ou toutes les autres juridictions (nationales, européennes…) pour faire valoir ses droits.

 

Le temps imparti n’ayant pas permis d’aller plus loin, il faudra poursuivre.  D’ici une prochaine réunion, il conviendrait de :

  • Regarder de plus près comment les autres communautés ayant subi des préjudices ont pu obtenir réparation (ex : regarder les montants des indemnisations pour se rapprocher d’une somme justifiable auprès des législateurs)
  • Estimer combien de Harkis sont concernés par la réparation et l’indemnisation
  • Chiffrer des estimations des différentes réparations
  • Tenir compte de l’agenda électoral à agir vite.
  • Continuer de se rapprocher des députés et sénateurs. Diffuser le courrier. Les rencontrer pour expliquer.

Souvenirs, souvenirs ...

Déjà en 2006, Mohand Hamoumou consacrait son eénergie et son temps à la défense de sa communauté de destin et n'hésitait pas à intervenir dans les médias pour expliquer le sort infligé aux Harkis et leurs familles...

 

Nous avons retrouvé une émission télévisée lors de la sortie du film "Harkis".